Congé de naissance : un nouveau droit

Rédigé le 25/06/2026
UNSA

À compter du 1er juillet prochain, un nouveau congé indemnisé fait son entrée dans la vie des jeunes parents : le congé supplémentaire de naissance. Créé par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, il offre à chaque parent un à deux mois de plus auprès de son enfant, en conservant une partie de sa rémunération. Voici l'essentiel à connaître sur ce nouveau droit et la position de l'UNSA.

Un congé en plus, pour chaque parent

Le congé de naissance est un droit nouveau qui s'ajoute aux congés parentaux déjà existants. Il ne remplace ni le congé maternité, ni le congé paternité et d'accueil de l'enfant. Une fois ces congés terminés, chaque parent peut donc bénéficier d'un ou deux mois supplémentaires. A la suite de ce nouveau congé de naissance, les parents peuvent compléter avec le congé parental actuel.

Ce congé est souple :
• il peut être pris par les deux parents en même temps ou à tour de rôle ;
• il peut être pris en une seule fois ou fractionné en deux périodes d'un mois, non consécutives.

Côté rémunération, l'indemnisation est dégressive : 70 % du salaire net le premier mois, puis 60 % le second mois, dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale (4 005 € au 1er janvier 2026).

Qui peut en bénéficier ?

Ce congé est ouvert à tous les parents en activité : salariés du privé, fonctionnaires, agents contractuels de droit public, travailleurs indépendants, artistes-auteurs, militaires… Une seule condition préalable : avoir épuisé l'intégralité de ses congés de maternité, de paternité et d'accueil de l'enfant avant de pouvoir démarrer ce nouveau congé. Lequel doit aussi être pris dans les 9 mois suivant la naissance.

Pour les enfants nés entre le 1er janvier et le 30 juin 2026, il peut être pris jusqu'au 31 mars 2027.

Comment en faire la demande ?

Les démarches dépendent du statut de chaque parent :

Les salariés du privé doivent informer leur employeur au moins un mois avant la date de début souhaitée (délai réduit à 15 jours si le congé suit immédiatement le congé de paternité ou d'adoption).
Les fonctionnaires et agents publics doivent adresser une demande au service des ressources humaines de leur administration.
Les travailleurs indépendants doivent faire leur demande directement auprès de la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de leur lieu de résidence.

Une règle de non-cumul

L'indemnisation de ce congé ne pourra pas être versée en même temps que d'autres prestations, notamment : les indemnités journalières maladie, maternité, paternité ou adoption, les allocations chômage, le complément de libre choix du mode de garde (CMG) pour le même enfant, l'allocation journalière de présence parentale (AJPP) ou l'allocation journalière du proche aidant (AJPA).

Une avancée mais des droits encore insuffisants

L'UNSA prend acte de ce nouveau droit comme un premier pas significatif. Il inscrit dans la loi le principe d'indemnisation proportionnelle au salaire que nous défendons de longue date.

Ces deux mois par parent restent insuffisants pour répondre aux besoins actuels et sont en-deçà de ce qui existe chez nos voisins européens.

L'UNSA revendique depuis de nombreuses années un congé indemnisé de 6 mois par parent permettant de conserver au moins 70 % de sa rémunération avec un plancher minimum à 1 200 €/mois pour qu'aucune famille ne bascule dans la précarité avec une attention particulière aux familles monoparentales.

Une réforme des congés ne peut être pensée sans un développement ambitieux des modes d'accueil. Le congé parental ne doit jamais être subi faute de place d'accueil en nombre suffisant pour les moins de trois ans… Il doit rester un choix libre et éclairé.

Pour l'UNSA, le flou juridique concernant les parents d'enfants nés de GPA doit être levé. Ce nouveau droit doit s'appliquer à toutes les familles, sans exception.
L'UNSA continuera de se mobiliser pour développer un service public de la petite enfance de qualité et des congés parentaux à la hauteur des attentes des salariés.

Crédit image : prostooleh on Magnific