PLF 2026 : un budget… mais à quel prix ?

Rédigé le 03/02/2026
UNSA

Pour l'UNSA, le projet de loi de finances (PLF) pour 2026 reconduit globalement les dispositifs de 2025 sans opérer le changement de paradigme pourtant indispensable en matière de justice fiscale.

Ainsi, la reconduction de la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) constitue un signal minimal, mais demeure largement insuffisante. Cette mesure reste temporaire, limitée à un nombre restreint de ménages et ne remet aucunement en cause la sous-fiscalisation structurelle des plus hauts revenus et des patrimoines.

Par ailleurs, la taxe sur les holdings proposée dans le PLF 2026 s'inscrit dans la même logique. En excluant les biens professionnels et en repoussant sa mise en œuvre effective à 2027, ce dispositif ne permet pas de restaurer une véritable équité fiscale ni de faire contribuer les plus grandes fortunes à proportion de leurs moyens.

Or, pour l'UNSA, c'est indispensable pour garantir la justice fiscale et assurer un financement pérenne des politiques publiques. À défaut de recettes nouvelles à la hauteur des enjeux, le gouvernement choisit de réduire l'investissement public. Cela se traduit notamment par la baisse de 1,1 milliard d'euros du budget de France 2030, pourtant essentiel à la transition écologique, à la réindustrialisation et à l'innovation.

Dans ce contexte, si le budget de la mission Travail et Emploi est en hausse par rapport à la loi de finances 2025, les arbitrages retenus n'en demeurent pas moins préoccupants.

En effet, France Travail perdrait 515 équivalents temps plein en 2026, alors même que la réforme issue de la loi Plein emploi de décembre 2023 lui confie de nouvelles missions : mise en place d'un guichet unique, inscription automatique des allocataires du RSA et accompagnement renforcé et personnalisé. Les missions locales et donc l'accompagnement des jeunes sont aussi touché·es par une réduction de 8% des budgets. Pour l'UNSA, ces baisses de subventions et suppressions de postes contredisent les objectifs affichés par le gouvernement en matière de suivi et de retour à l'emploi. Parallèlement, certaines mesures de réduction budgétaire sont déjà mises en œuvre, notamment au sein des OPCO, où les 100 millions d'euros d'économies initialement annoncés se retrouvent inscrits dans les conventions d'objectifs et de moyens en cours de négociation avec l'État.

Enfin, dans un contexte économique dégradé, marqué à la fois par des tensions sur l'emploi et par une baisse du pouvoir d'achat, le gouvernement choisit de s'attaquer de nouveau au Compte personnel de formation (CPF). Le budget 2026 prévoit ainsi une diminution de plus de 500 millions d'euros, aggravée par une coupe supplémentaire de 92 millions d'euros ainsi qu'une augmentation du reste à charge qui sera définie par décret.

Ainsi, le plafonnement de nombreuses formations éligibles et la hausse du reste à charge constituent une remise en cause majeure du CPF. Pour l'UNSA, l'instauration d'un reste à charge automatique est profondément injuste et assimilable à une taxe. Elle pénalisera en priorité les salarié·es aux revenus modestes, alors même que le CPF ne couvre déjà pas l'intégralité des frais de formation pour 21 % des bénéficiaires et que les besoins en formation liés aux transitions numériques, écologiques et à l'allongement des carrières sont considérables.

En conclusion, comme en 2025, le PLF 2026 demeure un budget injuste pour les travailleuses et les travailleurs. De plus, la part importante laissée au gouvernement pour agir par décret peut entrainer une aggravation des coupes budgétaires.

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