C'est officiel, le SMIC augmentera automatiquement de presque 2,5 % le 1er juin prochain. L'UNSA demande une revalorisation supplémentaire exceptionnelle. Il faut changer de cap !
L'INSEE vient d'annoncer les chiffres définitifs de l'inflation pour avril. Les prix ont augmenté de 2,2 % sur un an. L'inflation pour les 20 % de ménages au niveau de vie le plus faible atteint 2,5 % depuis novembre 2025. Cette donnée détermine juridiquement les revalorisations du salaire minimum en cours d'année. Cette année, le SMIC augmentera donc d'environ 2,5 % au 1er juin pour atteindre près de 12,3 euros brut et 9,7 euros net par heure (1 868,6 euros brut et 1 479,2 euros net par mois).
Avec l'envolée des prix, cette augmentation donnera un petit coup de pouce aux personnes qui en bénéficieront. C'est pourquoi l'UNSA est attachée aux mécanismes d'indexation automatique du SMIC.
Cependant, cela n'est pas suffisant. Dans un contexte où le pouvoir d'achat des salaires a diminué fortement en 2022 et 2023, qu'il peine à retrouver son niveau précédent, et devant la poussée inflationniste, l'UNSA demande un effort supplémentaire mesuré mais significatif.
Cette augmentation du SMIC au-delà de la revalorisation légale permettra d'enclencher une dynamique de hausse de l'ensemble des salaires, via les négociations de branche et d'entreprise. Et avec une croissance du PIB atone, relancer la demande stimulera l'activité économique.
Si la hausse du SMIC comprime l'éventail des salaires, cela ne sera que temporaire, le temps que les négociations de branche et d'entreprise se concrétisent. Des évolutions législatives récentes ont raccourci les délais pour engager obligatoirement une négociation de branche sur les salaires lorsqu'au moins un minima de branche est inférieur au SMIC. Toutefois, l'UNSA estime qu'il faut aller plus loin. Par exemple, en alignant le barème d'allègement des cotisations sociales patronales sur les minima de branche et non sur le SMIC, lorsque les minima conventionnels lui sont inférieurs.
D'autre part, afin de limiter l'effet trappe à bas salaires généré par les allègements généraux de cotisations sociales, l'UNSA souhaite la diminution des exonérations au niveau du SMIC et l'ajustement du niveau de la pente de dégressivité de ces allègements. Objectif : inciter aux augmentations salariales.
Ces différentes mesures permettraient au pouvoir d'achat des salaires de résister à la hausse actuelle de l'inflation, au contraire de ce qui s'est produit durant la crise énergétique de 2022-2023.
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