Pour l'UNSA, le dialogue social en entreprise est un levier essentiel pour garantir des relations équilibrées entre employeurs et salariés. C'est dans cet esprit que nous avons participé à l'étude de Réalités du Dialogue Social consacrée à la perception du dialogue social par les 18-35 ans. Malgré un contexte marqué par des attaques répétées contre le syndicalisme, cette enquête montre que les jeunes sont de plus en plus conscients du rôle des syndicats et prêts à s'engager pour défendre leurs droits. Elle met aussi en évidence les freins persistants, notamment du côté patronal, qui limitent leur pleine participation à la vie de l'entreprise.
Un regard lucide sur l'état du dialogue social
Selon l'étude, 50 % des jeunes considèrent que le dialogue social fonctionne bien en France, soit quatre points de plus qu'en 2023. Cette perception positive reste toutefois nuancée : 64 % décrivent les relations entre employeurs et salariés comme compliquées, distantes ou conflictuelles. L'UNSA constate elle aussi un durcissement des échanges, avec des positions parfois rigides et dogmatiques qui dégradent la qualité des négociations.
Le regard porté sur le patronat est particulièrement critique : 72 % des jeunes femmes et 67 % des plus de 25 ans utilisent des qualificatifs négatifs pour décrire les relations sociales dans leur entreprise. Pour l'UNSA, ce constat doit être entendu comme un véritable signal d'alarme. Il traduit un malaise persistant et une attente forte d'écoute, de respect et de reconnaissance.
Une confiance affirmée dans les syndicats
Dans le même temps, l'image des syndicats progresse nettement. 76 % des jeunes jugent leur présence nécessaire dans toutes les entreprises et 80 % estiment qu'ils permettent de faire évoluer les choses dans leurs entreprises. Cette confiance est loin d'être symbolique : elle traduit la conviction que l'action collective reste un levier efficace pour défendre les droits, améliorer les conditions de travail et faire entendre la voix des salariés.
Pour l'UNSA, cette reconnaissance confirme la pertinence de ses engagements et l'écho qu'ils trouvent auprès des jeunes salariés. Elle montre aussi que, malgré les discours de décrédibilisation du fait syndical, les nouvelles générations identifient clairement l'utilité des organisations syndicales comme acteurs de régulation, de protection et de progrès social. C'est un encouragement à poursuivre et renforcer notre présence auprès d'eux, en répondant à leurs attentes de proximité, de transparence et d'efficacité.
Des obstacles à lever pour libérer l'engagement
Des obstacles subsistent néanmoins. 62 % pensent qu'il faut plusieurs années d'expérience avant de pouvoir adhérer à un syndicat, un frein qui retarde l'implication des jeunes salariés. Pourtant, 56 % des jeunes actifs se déclarent prêts à se présenter à une élection professionnelle. Cette disponibilité démontre qu'ils souhaitent agir concrètement pour améliorer leurs conditions de travail. Pour l'UNSA, il est important que syndicats comme patronat mettent tout en œuvre pour faciliter leur implication à tous les niveaux, aussi bien dans l'entreprise que dans les organisations syndicales.
L'étude souligne aussi un besoin d'accompagnement : 34 % des jeunes déclarent mal connaître leurs droits en tant que salariés. Ce déficit d'information peut freiner leur engagement et les exposer à des pratiques illégales au travail. Pour l'UNSA, il est donc nécessaire de renforcer la formation sur les droits au travail et les enjeux du dialogue social afin de leur donner les moyens d'agir avec confiance.
L'envie d'agir et de participer
En définitive, les jeunes apparaissent comme des acteurs à part entière du dialogue social, avec lesquels et sur lesquels les syndicats peuvent compter. Loin du désengagement, du désintérêt et d'un certain repli sur soi souvent évoqués, ils manifestent un intérêt affirmé pour les enjeux sociaux et une volonté claire de s'impliquer pour faire évoluer leur environnement de travail. Leur aspiration à plus de justice, de respect et de démocratie dans l'entreprise constitue un signal fort.
Ces messages adressés par la jeunesse ne peuvent être ignorés. Ils appellent à renforcer les espaces de dialogue, à lever les freins à l'engagement et à reconnaître pleinement la place des jeunes salariés dans les processus de décision. Ils invitent également les employeurs à assumer leurs responsabilités en créant les conditions d'échanges loyaux et constructifs.
Pour l'UNSA, il s'agit d'accompagner pleinement cette dynamique en donnant aux jeunes les moyens de s'informer, de se former et d'agir, afin qu'ils puissent peser durablement sur les choix qui concernent leur travail, l'avenir des entreprises et, au-delà, celui de la société face aux défis à venir. Fidèle à sa résolution générale, l'UNSA poursuivra son engagement pour soutenir leur implication, renforcer leur place dans les instances représentatives et proposer des formations adaptées à leurs attentes. Leur volonté d'être entendus et de contribuer aux solutions constitue un atout précieux pour construire des entreprises plus démocratiques et une société plus juste.
Pour plus d'informations sur cette étude, vous pouvez consulter le rapport complet ci-dessous :
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