Les récentes orientations budgétaires fragilisent ce dispositif pourtant essentiel à l'insertion professionnelle des jeunes. L'UNSA alerte sur le risque d'un recul de l'accès à l'apprentissage, notamment pour les publics les moins qualifiés et les plus éloignés de l'emploi.
La baisse spectaculaire de la dotation de l'État aux Régions n'est qu'un nouvel épisode d'une série de décisions qui affaiblissent l'apprentissage.
Après la réduction des aides à l'embauche, la révision des niveaux de prise en charge (NPEC) engagée par France compétences va conduire à de nouvelles économies sur le financement des formations. Dans le même temps, l'objectif national est désormais revu à la baisse, passant d'1 million à 800 000 apprenti·es.
Pour l'UNSA, cette évolution est préoccupante. Elle risque de pénaliser les publics pour lesquels l'apprentissage est le plus efficace : les jeunes peu ou pas qualifié·es, les apprenti·es de niveau bac ou infra bac ainsi que celles et ceux issu·es des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV).
Depuis plusieurs années, l'UNSA alerte sur une croissance de l'apprentissage qui a principalement bénéficié aux formations du supérieur, alors que les jeunes les plus éloigné·es de l'emploi continuent de rencontrer davantage de difficultés pour y accéder. Pourtant, les études montrent que cette voie constitue un puissant levier d'insertion pour ces dernier·ères, à condition de bénéficier d'un accompagnement adapté.
Or, ces formations nécessitent souvent les investissements les plus importants : plateaux techniques, équipements professionnels dans l'industrie, le bâtiment ou l'artisanat, etc.. De plus, il faut ajouter un accompagnement en amont de l'entrée en formation (prépa apprentissage) qui permet de répondre aux difficultés de mobilité, de logement, de santé ou aux risques de rupture de contrat. Réduire les financements de manière uniforme risque donc d'accroître les inégalités au lieu de les corriger.
Notre inquiétude est renforcée par les propositions formulées dans le cadre de la mission d'évaluation de l'Assemblée nationale visant à réduire, voire supprimer à terme, les exonérations de cotisations sociales dont bénéficient les apprenti·es. Pour l'UNSA, il n'est pas acceptable de faire subir aux jeunes le poids des économies budgétaires. Diminuer leur rémunération nette reviendrait à rendre l'apprentissage moins incitatif dans la durée pour celles et ceux qui disposent déjà des ressources les plus faibles. D'autant que le taux de pauvreté des jeunes reste préoccupant. Aujourd'hui, 17,5 % des 18-29 ans et 21,9 % des mineurs vivent sous le seuil de pauvreté, soit des niveaux supérieurs à celui de l'ensemble de la population (15,4 %).
L'UNSA a toujours défendu une approche qualitative de l'apprentissage. Cela suppose de mieux cibler les financements vers les jeunes qui en ont le plus besoin, de lutter contre les effets d'aubaine, mais aussi de garantir un accompagnement de qualité tout au long du parcours. Les débats actuels sur la fraude doivent conduire à renforcer les contrôles et à sanctionner les abus, non à remettre en cause ce dispositif essentiel pour l'insertion professionnelle.
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